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Volume 37, numéro 1
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Le DACUM au Burkina Faso

Boubakar Savadogo


Légende : M. Boubakar Savadogo (à gauche) recevant l'accréditation
Facilitateur DACUM de l'ACFP de M. Patrick Leu, chef
de projet de Swisscontact au Burkina Faso.


A Burkina Faso, l'accès à la formation professionnelle se fait à travers :

  1. Les établissements d'enseignement technique et professionnel sous la tutelle du Ministère des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESSRS). Le public cible est constitué de jeunes filles et garçons ayant au moins 10 ans de scolarité. Ces établissements sont habilités pour la préparation des diplômes nationaux que sont le Certificat d'Aptitude Professionnel (CAP), le Brevet d'Etude Professionnel (BEP), les Baccalauréats technique (BAC E, F, G et H) et professionnel (BAC-Pro). Le nombre de places est très limité comparativement à la population cible (moins de 2%).
  2. Le système d'apprentissage dans les Micro et Petites Entreprises du secteur de l'artisanat. Il concerne plus de 500 000 jeunes filles et garçons, en majorité non scolarisés et analphabètes. L'apprentissage se déroule chez un patron, par mimétisme et sans structuration. Le degré d'apprentissage du métier dépend du bon vouloir du patron et de la fréquence des services demandés par la clientèle. Le patron est lui même souvent non scolarisé, voir analphabète et a aussi appris le métier sur "le tas" ce qui fait que la maîtrise de pans entiers du métier peuvent lui échapper. Dans ce genre de situation que nous rencontrons régulièrement, l'apprenti terminera son apprentissage en ayant acquis au mieux les compétences maîtrisées par son patron avec les lacunes de ce dernier sinon plus.
L'intervention de Swisscontact, fondation suisse de coopération au développement technique, au Bénin, au Burkina Faso et au Mali contribue à la mise en place dans ces pays d'un système institutionnalisé de formation professionnelle par apprentissage qui répond aux besoins des artisans. Les activités de Swisscontact concerne le groupe cible cité au point 2) ci-dessus avec l'objectif de permettre:
  • au patron d'accéder à des formations lui permettant de combler ses insuffisances dans la maîtrise du métier et d'acquérir de nouvelles compétences dans le métier;
  • à l'apprenti de profiter d'une plus grande expérience et de compétences de son patron d'une part, et d'autre part d'apprendre le métier de manière structurée dans un centre de formation sur la base d'un programme complet couvrant l'ensemble du domaine professionnel.
Pour élaborer des programmes de formation prenant en compte l'ensemble des aspects de la profession, la méthode DACUM que Swisscontact avait déjà utilisé en Asie (Nepal, Sri-Lanka, Vietnam, etc.) se présentait comme la plus appropriée. Cependant, la disponibilité de maîtres formateurs DACUM francophones constituait une difficulté qui fut surmontée avec la découverte de l'Association Canadienne de la Formation Professionnelle (ACFP). Suite à un contrat signé entre Swisscontact et ACFP, la première formation des facilitateurs DACUM (élaboration de chartes de compétences et développement de guides d'apprentissage) a été organisée à Ouagadougou du 02 au 13 Mai 2000 et animé par Mr Pierre Morin avec 16 participants dont 8 du Burkina Faso et 8 du Mali.

Après cette formation, des chartes de compétences ont été élaborées selon les critères de l'ACFP par les néo-facilitateurs avec plus ou moins de succès. Il s'est avéré nécessaire de tenir une seconde formation de recyclage - perfectionnement à Bamako du 02 au 14 Mai 2001. Cette seconde formation a levé plusieurs zones d'ombres et, a par ailleurs permis la signature d'un protocole d'accord entre Swisscontact et l'ACFP garantissant un suivi du travail des facilitateurs et leur donnant la possibilité d'obtenir le certificat de l'ACFP moyennant la facilitation de trois chartes de compétences répondant aux règles de l'ACFP.

L'utilisation de la méthode DACUM au Burkina Faso, a donné naissance à plusieurs charte de compétences dont:
  • La charte du mécanicien d'engins à deux roues: cette charte a été utilisée pour identifier les modules de perfectionnement au nombre de 8 couvrant l'ensemble de la profession telle que exercée dans le contexte local. Plus de 500 patrons mécaniciens ont pour la première fois de leur vie (après dès fois plus de 20 ans d'expériences) pu prendre part à une formation structurée. La charte est utilisée pour organiser l'évaluation des acquis professionnels des patrons afin de leur décerner une reconnaissance officielle du ministère.
  • La charte du coiffeur(se) - esthéticien(ne): elle a été la base pour développer les supports de formation concernant ce métier. Grâce à la disponibilité du programme de formation, le premier centre de formation en coiffure a vu le jour à Ouagadougou en 2003. Par ailleurs, la charte a servi pour la définition des modules de formation pour le perfectionnement des patrons (propriétaire de salon de coiffure). Le centre a formé une centaine d'apprenti(e)s et une filière de l'enseignement technique à temps plein a été ouverte en 2004. Aussi, une formation de formateurs en coiffure est en cours au Bénin afin de démarrer la formation des apprenti(e)s et des patron(e)s.
  • Etc.
Les succès rencontrés ont montré le besoin de former un nouveau groupe de facilitateurs pour le Bénin, le Burkina Faso et le Mali. Pour cela, une troisième formation toujours animée par Pierre Morin a été réalisée au Bénin du 09 au 23 septembre 2003 avec la participation de Boubakar Savadogo comme aide-formateur permettant ainsi la prise en compte des spécificités du contexte ouest africain.

Le premier candidat Burkinabé à être admis au certificat de l'ACFP est Mr Boubakar Savadogo qui a déjà à son actif la facilitation de 7 chartes de compétences (mécanicien d'engins à deux roues, coiffeur(se) - esthéticien(ne), technicien frigoriste, technicien en maintenance électronique, couturier, menuisier - ébéniste).

En conclusion, nous pouvons affirmer que la méthode DACUM a permis de mettre en ouvre des formations dans des métiers dans lesquels l'apprentissage se faisait jusqu'alors sur le "tas", par mimétisme et voir même par ascendance.

Suite à un contrat signé entre Swisscontact et l'ACFP, la première formation des facilitateurs DACUM (élaboration de chartes de compétences et développement de guides d’apprentissage) a été organisée à Ouagadougou du 02 au 13 Mai 2000 et animé par Mr Pierre Morin avec 16 participants dont 8 du Burkina Faso et 8 du Mali.